Rêve libre

29 mai 2016

RECUEILLEMENT

ROSE BLANCHE 1

 

 

En ce jour tout particulier du dernier dimanche de mai je pense à ces mères blessées qui souffrent dans l’indifférence. Accablées elles pleurent en silence la perte d'un enfant bien aimé arraché trop tôt à la vie par la violence, la maladie.

On n'parle pas d'elles à la télé, on n'en fait pas d'publicité. Pour les marchés c'est pas vendeur, non, c'est pas veneur ce malheur.

Dans nos p'tites vies bien confortables, dans nos p'tites têtes bien raisonnables on oublie vite c'est plus pratique, pourtant c'est contraire à l'éthique.

Aussi je propose un instant , un instant de recueillement à la mémoire de ces enfants pour assurer à ses mamans qu'aujourd'hui spécialement nos coeurs partagent leurs tourments.  

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25 mai 2016

Le passeur

 

ROCHER 3

   Il y a bien longtemps à la croisée des mondes visible et invisible, dans une clairière balayée par les quatre vents vivait un ermite tout de blanc vêtu. Il passait ses journées assis contre un rocher à contempler le ciel en souriant, les yeux mi-clos sous ses sourcils broussailleux. 

Les habitants du village le plus proche, à trois lunes de là, lui apportaient tour à tour quelques nourritures et de l'eau claire. Le moment arriva pour Yanneck devenu assez robuste de se charger d'accomplir cette mission. Il déposa comme on lui avait dit de le faire la nourriture et l'eau claire puis rebroussa chemin sur la pointe des pieds pour ne pas déranger. Il n'avait pas fait trois pas que l'ermite l'interpella d'une ton rude :

     - "Eh ! Toi qui me vois maigre et sans force, tenaillé par la faim, est-ce là tout ce que tu m'apportes à manger ? Tu tiens tant à me voir disparaître de cette terre ? Va ! La forêt est riche de baies dont je raffole."

Yanneck terriblement confus s'empressa de satisfaire cette requête sans oser dire un mot. Dès son retour, le jeune homme plaça sa cueillette sur un grand mouchoir qu'il avait retiré de sa poche mais à peine eût-il terminé qu'à nouveau la voix sèche se fit entendre:

     - "Eh ! Est-ce là tout ce que tu laisses à boire à un vieillard qui reste assis des heures durant sous un soleil de plomb ? Tu tiens tant à me voir transformé en une coquille de noix ! Va ! L'eau de la rivière est fraîche, tu trouveras près du petit pont un seau que j'avais oublié."

Toujours confus, Yanneck se hâta de repartir sous le regard amusé du vieil homme.

Quand il revînt, l'ermite s'était radouci :

     - "Bien ! Sers toi donc maintenant, mange à ta faim, bois à ta soif pour reprendre des forces et approche toi de moi , j'ai à te parler mais auparavant, moi qui suis curieux, je voudrais que tu me montres ce qui dans ta poche tinte à chacun de tes pas."

Le gaillard s'exécuta, extirpa de sa poche un canif et une clé dorée que lui avait légués son père avant son dernier souffle. L'ermite s'en empara et tout en les frottant doucement entre ses deux mains, poursuivit :

      - "Je vois en toi une belle âme, honnête et courageuse, qui n'hésite pas à secourir son prochain, le ciel te remercie déjà pour ta bonté. J'ai toutefois un dernier service à te demander. Ce gros bloc de granit que tu vois là bas s'est détaché du rocher un jour de grand tremblement. Il obstrue l'entrée de l'abri où je me réfugie à l'approche de l'hiver. Je n'ai plus assez de force à présent pour le déplacer."

Yanneck embarrassé se grattait la tête , le bloc de granit était énorme mais le vieux si fragile !

      - "Tu ne laisserais tout de même pas un vieil homme mourir de froid ! " ajouta
l'ermite.

A ces mots, le jeune-homme retroussa ses manches, se mit en quête d'une branche bien solide pour servir de levier et se mit sans tarder à l'ouvrage. Le dos arqué, les muscles bandés, les veines saillantes, il ahanait, soufflait, suait à grosses gouttes. Tout à sa besogne, il ne vit pas le vieux sage consumé par une flamme ardente se lever d'un bond une poignée de terre à la main. Il la lança en offrande aux quatre vents, les bras tendus vers le ciel, la tête rejetée en arrière en marmonnant des paroles d'une langue inconnue. Un éclair aveuglant déchira alors les nuages et la foudre frappa le bloc de granit. Ce dernier éclata en plusieurs morceaux épargnant par miracle le jeune homme. Quant à l'ermite, il semblait ne pas avoir bougé d'un pouce.

 CC     Une fois l'entrée entièrement dégagée, Yanneck découvrit une grotte dont les parois étaient constellées de pierres précieuses. Comme il tentait de retirer l'une d'elles une pluie de cailloux dégringola juste devant la sortie. Epuisé par des heures d'efforts acharnés, de surcroît prisonnier, le jeune homme se résigna à son triste sort et s'assit. Dans la pénombre l'air était fais, le silence à peine troublé par les chuchotis d'une source lointaine. Tout au fond une lueur opalescente voletait dévoilant un passage secret. Elle s'y engouffrait pour réapparaître aussitôt. Intrigué, Yanneck se leva et la suivit. Il avançait dans un tunnel guidé par ce halo luminescent. Arrivé à un embranchement il aperçut un plan d'eau sur le côté et s'y arrêta pour se désaltérer. L'obscurité était si dense en ce lieu que la lumière s'y noya.

     Plongé dans les ténèbres Yanneck se cogna la tête et glissa dans l'eau glacée. Furieux, il se mit à pester, à jurer, à maudire le vieux. Ses jurons rebondissaient en cascade de tous côtés jusque dans les profondeurs de la grotte. Tout à sa colère il n'avait pas remarqué que l'air s'était épaissi d'une odeur nauséabonde ; dans l'eau une masse sombre s'approchait de lui à vive allure. Trop tard ! Ses chevilles étaient déjà enserrées par des tentacules visqueux qui commençaient à s'enrouler le long de ses jambes. Yanneck se débattait comme un forcené, frappait, cognait, mais plus sa rage le portait plus l'étau se resserrait.

     Quand la tête luisante de la créature surgit hors de l'eau, hideuse, les yeux rétrécis par la haine, la gueule béante, il sentit sa dernière heure arrivée et commença à prier demandant pardon à tous ceux qu'il avait pu offenser. Ce faisant, la bête lâcha prise et le balança sur la berge avant de regagner son antre. Lorsque Yanneck repris ses esprits, il trouva à ses côtés la clé reçue de son père. Elle brillait comme la flamme d'une chandelle.

 BB    Il s'éloigna à grands pas de cet endroit maudit. Il marchait depuis longtemps déjà lorsqu'il entendit d'abord un murmure puis une voix d'une douceur infinie qui chantait. Elle semblait provenir de derrière une porte en chêne massif dissimulée dans un renfoncement de la paroi rocheuse. Elle était fermée. Yanneck regarda par le trou de la serrure s'attendant à voir un ange ; c'était une jeune fille d'une pure beauté, nimbée de lumière bleutée. Fasciné par cette vision céleste il se sentit traversé de la tête aux pieds par une onde de bonheur intense, inexpliqué. C'est alors que la clé qu'il tenait toujours à la main se mit à rougeoyer. Il l'introduisit dans la serrure et ouvrit la porte.

     Au premier regard échangé il pressentit un terrible danger. Sans cesser de chanter, la jeune fille lui intima le silence d'un geste vif. Elle était assise à même le sol les pieds ligotés, un animal monstrueux à ses côtés. Yanneck, sortit le canif de sa poche, s'avança prudent. Un caillou roula, la bête s'agita, grogna un peu et enfin s'apaisa. Redoublant de vigilance, il parvint sans encombre auprès de la captive, la lame émoussée du canif trancha les liens avec une facilité singulière. C'est ainsi qu'ils s'échappèrent refermant derrière eux la porte du cachot, lui la soutenant par la taille, elle qui chantait toujours sa mélodie.

     A demi rassurés mais heureux d'être ensemble, ils pressaient le pas à la recherche d'une issue. La jeune fille arrêta de chanter pour reprendre son souffle mais oublia de recommencer. Le charme était rompu, la bête gigantesque se réveilla., s'ébroua et se voyant trahie poussa un beuglement à faire trembler les arbres de la forêt. Elle défonça la porte d'un seul coup de tête, huma les odeurs alentours et se lança à poursuite de sa prisonnière, les naseaux frémissants. Elle ne fut pas longue à retrouver les jeunes gens acculés contre une paroi blottis l'un contre l'autre. D'instinct Yanneck s'interposa entre l'animal et la belle prêt à mourir pour la sauver. La bête s'approchait, Yanneck sentait son souffle chaud.

      Subitement inspiré par le souvenir d'une mélodie, une de ces mélodies tristes et lancinantes que les hommes accablés entonnent les jours de grand malheur, il se prit à siffler. La jeune fille se glissa à son côté, une main dans la sienne et l'accompagna de sa voix envoûtante. Le molosse se mit à tourner sur lui-même, tourner, tourner de plus en plus vite. Il n'était plus qu'un tourbillon de poussière en suspension dans l'air puis mourut peu à peu ne laissant sur le sol qu'un petit tas de cendre et ce fut le silence. Yanneck ferma les yeux, inspira profondément et laissa tout son être s'imprégner de la paix qui régnait à présent dans la grotte.

  DD    Quand il rouvrit les yeux, la jeune fille s'était envolée, il ne la chercha pas. Au milieu des cendres une colombe d'une blancheur immaculée lissait ses plumes. Elle prit bientôt son envol, virevolta autour du jeune homme tant et si bien qu'il se décida à la suivre. Sur leur passage semé de paillettes étoilées, les gouttelettes d'eau tremblotaient d'émotion et les rares fougères frissonnaient de joie, même les géants de pierre figés dans roche depuis l'éternité souriaient . Des fragrances fleuries portées par une brise légère flottaient maintenant dans les airs, un rai de soleil inondait le sol d'une lumière éclatante. Un peu plus haut, s'ouvrait sur le ciel une brêche de la taille d'une homme à travers de laquelle Yanneck précédé par la colombe se faufila. Il se retrouva dans une clairière au pied d'un dolmen colossal, la jeune fille l'attendait. Elle lui tint ses propos :

      - "Je suis Ludivine, tantôt ombre tantôt lumière, je suis le miroir de l'âme des hommes. Je sillonne la terre à la recherche de ceux qui parviennent à sublimer leurs passions par simple dévouement, les alchimistes de ce monde. Tu as été choisi et mis à l'épreuve. Ton coeur est amour ton âme beauté, tu es prêt à accomplir ta destinée."

     
DOMLEN 1Ceci dit, elle invita le jeune homme à s'asseoir sous le dolmen à l'intérieur d'un grand cercle délimité par de petites pierres blanches. Elle se plaça face à lui, posa ses mains sur ses épaules et plongea son regard dans le sien. Il lui fut révélé ce qu'il devait savoir sur les mystères de la vie et comment accomplir la mission pour laquelle il avait été appelé.

Riche de ces enseignements, Yanneck tout de blanc vêtu se dirigea vers la clairière et s'installa à la place de l'ancien. Il contemplait le ciel en souriant, les yeux mi clos sous ses sourcils broussailleux. Sur un pont de brume irisée suspendu aux ailes d'un anges avançait le vieux sage. Il transportait sur son dos trois pierres de taille. Au loin le pont s'évaporait dans l'éternité. Le vieil homme disparut.

Une nouvelle lumière céleste éclairait notre terre.

Mais déjà des pas approchaient apportant quelque nourriture et de l'eau claire ...

 

Anelyne pour R.G

 






 

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11 mai 2016

LA TRIBU D'ABDELYNE

 

marack

A la minute où j'ai ouvert ce livre magique : "les contes des mille et une nuits", j'ai découvert un monde insoupçonné, mystérieux, fantastique. Les richesses s'y exposaient en pleine lumière ou se cachaient au fond d'une caverne obscure accessible seulement aux âmes sages,aux coeurs purs. J'étais selon l'histoire, princesse d'Aladin, celle d'Ali Baba ou de Simbad le marin.

Je rêvais souvent de palais aux dômes dorés, 
De parfums envoûtants, de saveurs épicées,
 De tissus chatoyants brodés de fils d'argent 
Et de voiles légers qui dansaient dans le vent.

Les années avaient effacé ces rêves d'enfant jusqu'à ce jour de juillet où tu m'es apparu, la peau mate, la chevelure de jais, incarnant à mes yeux un digne héritier de la tribu d'Ismaël . Là où murmure le vent sur la dune, où chuchotent les fontaines la nuit au clair de lune, là où s'unissent le mimosa et la grenade, le bois de cèdre et la rose, tu es prince nomade.

Je me trouvais assise à l'ombre d'un figuier 
Tenant d'une main une corne de gazelle, 
Et de l'autre un café à la fleur d'oranger. 
Au loin le chant du muezzin vibrait dans le ciel.  

J'ignorais que nos destins allaient être liés pour l'éternité, scellés par trois anneaux d'or. Notre histoire n'a pas été un conte de fée, elle nous a pourtant enrichis de trois trésors. C'est pourquoi je remercie la vie d'avoir mis sur mon chemin ce prince exilé qui nourrit encore mon imaginaire de mille couleurs comme des pluies d'arcs en ciel, des éclats de bonheur. 

Assis en tailleur sur la place du marché 
Un vieux conteur aveugle, gardien des traditions, 
Continue d'enchanter les passants étonnés 
De sentir chez le vieux fou autant de passion.

La place se vide, les hommes se hâtent lentement 
De rentrer chez eux boire un dernier verre de thé  
S'endormir et rêver bercés par l'océan 
Une fenêtre ouverte sur l'immensité.

 

Anelyne Mai 2016

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06 mai 2016

SOUVENIR

 

images paris

Garçon ! Deux cafés et un allongé !
C'est ainsi que pendant quelques années
Nous avons partagé nos rêves, nos rires
Et nos idées, juste pour le plaisir
De passer ensemble de bon moments
Sans prise de tête ni aucun jugement.

 

Tu étais l'eau, toi le feu, moi la terre
C'est ainsi que je nous imaginais.
"Les trois inséparables" je nous nommais
En secret. Il ne manquait qu'un peu d'air
Pour constituer un carré parfait
Les triangles prennent la tangente, on le sait !

 

Eau, tu t'es évaporée dans les cieux,
Si loin que je n'ai pas su te trouver.
Feu, tes flammes brillent toujours dans tes yeux
Malgré tout ce que tu as enduré.
Terre, j'ai voulu dire combien ces instants-là
Aussi précieux, avaient compté pour moi.

 

Tu étais l'eau, toi le feu, moi la terre
C'est ainsi que je nous imaginais.
"Les trois inséparables" je nous nommais
En secret. Il ne manquait qu'un peu d'air
Pour constituer un carré parfait
Les triangles prennent la tangente, on le sait !

 

Anelyne mai 2016

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05 mai 2016

PLEURER DE RIRE OU DE CHAGRIN

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     Un regard, un mot au hasard et tout à coup un fou rire , un rire fou à lier libéré, tout bascule, se bouscule, et sautent les verrous des prisons de la raison, enfin déchaînées les passions entravées. Délivrés des tensions dépravées, les corps débridés dansent en cadence et les gorges déployées déversent à profusion des flots de sons insensés en toute indécence. Les entrailles se nouent, se tordent de douleur, l'esprit fuit, se perd dans un ailleurs sidéral, se déconnecte un temps des colères, des rancœurs, des angoisses, des peurs, des détresses abyssales.

     Un regard, un mot au hasard, et tout à coup une crise de larmes, des sanglots libérés, tout bascule, se bouscule, et sautent les verrous des garde-fous de la raison et la pensée déroutée dérive submergée par l'affliction pour échouer sur les rives de la souffrance. les corps  tremblent, frissonnent, les larmes coulent , l'émotion, intense, gagne les coeurs qui saignent en silence. Les entrailles se nouent, se tordent de douleur, l'esprit fuit, se perd dans un gouffre abyssal,se déconnecte un temps de la  joie, du bonheur, de la paix, de l'espoir d'une vie idéale.

Anelyne mai 2016

 

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22 avril 2016

L'oiseau bleu

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https://www.youtube.com/watch?v=eakKfY5aHmY

Un regard, une porte s'ouvre. Je plonge dans l'éternité de son instant, là où tout commence et se déroule à l'infini. Cocon de soie dévidé au fil du temps, un monde nouveau s'est tissé dans la pénombre et se dévoile peu à peu dans la lumière sur sa toile. Les larmes de ses peines versées dans le silence de sa solitude sont devenues joyaux. L'artiste rayonne à présent semant sur son passage des perles de joie, perles de vie, perles de rêves. Elle nous rappelle que nous portons tous en nous le chant de l'oiseau bleu, douce mélodie de sagesse , d'espoir et nous invite à prendre notre envol à ses côtés.

      Il a bien longtemps, était un village blotti au creux d'une vallée isolée du reste du monde. Ses habitants heureux de vivre ensemble comprenaient le langage de l'oisau bleu qui nichait non loin de là, dans la colline.
C' était une créature inspirée par la sagesse. Son chant d'une pureté sans égal distillait la paix et l'amour, même la mousse des arbres frissonnait d'aise en l'écoutant. Il invitait les hommes à découvrir en eux la beauté de leur coeur et à l'offrir à leur prochain.
Quand un enfant était sur le point de naître, les anciens partaient dans les collines à la recherche de l'oiseau bleu pour qu'il vienne accueillir le nouveau-né. Il était le seul à pouvoir lui enseigner les choses secrètes de la vie. C'est ainsi que dès leur plus jeune âge, les enfants apprenaient à connaître la richesse de leur coeur, à la comprendre et à la partager. Les mots "jalousie", "pouvoir", "haine" n'existaient pas dans ce village.

      Or un jour vint à passer venu d'on ne sait où, un vagabond en haillons, affamé, assoiffé. Il fut reçu à bras ouverts, on lui donna le manger et le boire, des habits propres et un logis. Bien vite le gueux comprit qu'il pourrait tirer grand profit de la bonté de tous ces braves gens. Il se mit à demander plus, à réclamer davantage et finit même par exiger. Tous ses désirs étaient comblés mais il restait insatisfait : il n'était pas heureux !


     Il se doutait  bien que l'oiseau bleu détenait la clé du bonheur des villageois. Aussi décida-t-il un soir de s'en emparer. Il partit dans les collines, l'attrapa, l'enferma dans une cage et le cacha chez lui.
Cette nuit là, les habitants entendirent le chant de détresse de l'oiseau. Il contait sa capture et révélait  comment préserver du danger ses oisillons abandonnés. Les hommes, les femmes et les enfants ce précipitèrent  en silence et firent ce que l'oiseau avait dit.

      Aux premières lumières de l'aurore , assuré que ses petits bien à l'abri pourraient transmettre à leur tour  la sagesse et l'amour, l'oiseau bleu s'éteignit.
Le gueux, quant à lui, sourd aux beautés du monde, s'en est allé, condamné à errer sans espoir dans l'obscurité.

      Depuis ce temps et encore aujourd'hui, porté par le premier souffle d'air inspiré , un oiseau bleu vient se nicher dans nos coeurs d'enfant. Même si nous ne l'entendons pas toujours, son chant divin nous accompagne jusqu'à notre dernier souffle.

      Fermez vos yeux, sentez le palpiter et laisser vous guider ...

 

Anelyne Mars 2016

 

Tableau Martine Crumière Atelier Graines de Rêve

ATELIER GRAINES DE RÊVE

Nos rêves d'aujourd'hui contiennent les germes du monde de demain. Semons ensemble les graines de nos rêves les plus beaux. Envie de découvrir ou de redécouvrir votre créativité ? Au coeur des Yvelines, à quelques pas de l'étang de la Boissière et d'une ancienne Commanderie de Templiers, l'Atelier Graines de Rêve vous accueille dans un cadre chaleureux et confortable.

http://grainesdereve.fr

 

 

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Les mots

forêt gaie

Comme des amants qui se désirent
Les mots se cherchent éperdument
Pour un sourire pour un soupir,
Qu'importe, s'ils ravissent l'instant!

Des mots détresse ou bien tendresse,
Des mots frisons ou bien passion,
Des mots caresse ou bien ivresse,
Qu'importe, s'ils vibrent à l'unisson!

Comme des amants qui s'enlacent
Les mots s'entremêlent en tous sens
Jubilent, rivalisent d'audace,
Qu'importe, s'ils brisent le silence!

 

Anelyne Avril 2016

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Je suis...

rosée_bleu et vertJe suis l'arbre, le rocher, l'air et l'eau de la rivière,

Grain de sable, brindille, rosée et soupir du vent.

Je suis un chant d'oiseau et un rire d'enfant,

Le tumulte de la mer, le fracas du tonnerre.

Je suis le parfum d'une rose d'Ispahan,

Une odeur de foin, de mousse et de terre.

Je porte le monde depuis la nuit des temps

Hors du néant, au coeur de la lumière.

Pour tout cela,

Je vous en prie,

Préservez moi,

Je suis la Vie

 

Anelyne Avril 2016

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21 avril 2016

Ma terre

 

DSC05482

Je porte en moi la terre riante et sauvage où sont nés mes ancêtres . Je me nourris de sa sève,  me désaltère à ses ruisseaux et m'inspire de son histoire.

Dès le matin, je revêts une peau de brebis et deviens la douce et la docile. Mais quand vient la nuit, je devient la rebelle et l'insoumise et je cours pieds nus sur la colline,
et je danse avec les arbres,
et je chante avec les pierres,
et je ris avec le vent,
puis m'endors dans la rivière.

Je rêve aux pêchers fleuris qui embaument la vallée, aux ceps de vigne à flanc de coteau, aux boutons d'or et coquelicots, aux rayons de miel du soleil.

Je porte en moi la terre de mes ancêtres.

Dès le matin, gardée par les chiens, comme les autres brebis, je vais là où le pâtre me dit. Mais quand revient la nuit, je m'enfuis pieds nus sur la colline,
et je crie avec les arbres,
et je hurle avec les pierres,
et je gémis avec le vent,
puis sanglote dans la rivière.

Je pense à ces hommes et ces femmes tombés dans le maquis sublimant leurs souffrances, sacrifiant leur vie pour préserver la liberté d'un peuple entier.

Les grillons, les cigales, les criquets s'en souviennent aussi, c'est pourquoi au clair de lune nous saluons ensemble les étoiles disparues,
et nous dansons avec les arbres,
et nous chantons avec les pierres,
et nous rions avec le vent,
puis nous nous endormons dans la rivière,
espérant que nous serons assez nombreux à nous défendre pour conserver nos libertés.

 

Anelyne  avril 2016

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02 avril 2016

Aube

aube

Tu t'éveilles en silence sur le monde endormi

La tête encore emplie des songes de la nuit.

A moitié dévêtue dans tes draps étoilés

Tu rosis, surprise d'être ainsi dévoilée.

 

Tes longs cheveux dorés, humectés de rosée

Scintillent, lueur diaphane dans le firmament,

S'étirent puis s'envolent portés par le vent

Balayant l'hier et toutes choses passées.

 

Ta main douce soulève le voile de l'oubli,

Ce voile du sommeil dont s'entourent les braves

Pour s'éloigner,un temps, de tous ces instants graves

Qui traversent leur vie, torturant leur esprit

 

Est-ce pour te faire pardonner, Aube légère,

Que tu offres au matin ta beauté éphémère

Ou est-ce pour semer au plus profond des coeurs

L'irrépressible espoir d'un nouveau jour meilleur ?

 

Anelyne Avril 2016

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