marack

A la minute où j'ai ouvert ce livre magique : "les contes des mille et une nuits", j'ai découvert un monde insoupçonné, mystérieux, fantastique. Les richesses s'y exposaient en pleine lumière ou se cachaient au fond d'une caverne obscure accessible seulement aux âmes sages,aux coeurs purs. J'étais selon l'histoire, princesse d'Aladin, celle d'Ali Baba ou de Simbad le marin.

Je rêvais souvent de palais aux dômes dorés, 
De parfums envoûtants, de saveurs épicées,
 De tissus chatoyants brodés de fils d'argent 
Et de voiles légers qui dansaient dans le vent.

Les années avaient effacé ces rêves d'enfant jusqu'à ce jour de juillet où tu m'es apparu, la peau mate, la chevelure de jais, incarnant à mes yeux un digne héritier de la tribu d'Ismaël . Là où murmure le vent sur la dune, où chuchotent les fontaines la nuit au clair de lune, là où s'unissent le mimosa et la grenade, le bois de cèdre et la rose, tu es prince nomade.

Je me trouvais assise à l'ombre d'un figuier 
Tenant d'une main une corne de gazelle, 
Et de l'autre un café à la fleur d'oranger. 
Au loin le chant du muezzin vibrait dans le ciel.  

J'ignorais que nos destins allaient être liés pour l'éternité, scellés par trois anneaux d'or. Notre histoire n'a pas été un conte de fée, elle nous a pourtant enrichis de trois trésors. C'est pourquoi je remercie la vie d'avoir mis sur mon chemin ce prince exilé qui nourrit encore mon imaginaire de mille couleurs comme des pluies d'arcs en ciel, des éclats de bonheur. 

Assis en tailleur sur la place du marché 
Un vieux conteur aveugle, gardien des traditions, 
Continue d'enchanter les passants étonnés 
De sentir chez le vieux fou autant de passion.

La place se vide, les hommes se hâtent lentement 
De rentrer chez eux boire un dernier verre de thé  
S'endormir et rêver bercés par l'océan 
Une fenêtre ouverte sur l'immensité.

 

Anelyne Mai 2016